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J'ai évoqué le coût croissant d'une collection de timbres français. J'ai affiné mon analyse, en calculant le coût, en euros constants (base 2015), d'une collection de timbres.

J'ai analysé les émissions de timbres des années 1900 à 2015 et j'ai regroupé par périodes de cinq ans (1900-1904, etc.)

J'ai pris en compte les timbres suivants :

Série courante : Semeuse, Mariannes et équivalents.

Commémoratifs : personnalités, paysages, événements historiques, manifestations culturelles ou sportives, monuments, etc..

Auto-adhésifs : il s'agit pour l'essentiel de la nouvelle impression d'un timbre sur un papier plus épais. Ces timbres sont vendus en feuilles indivisibles.

Le collectionneur devra passer par un club, qui achète une ou plusieurs feuilles et les divise entre ses abonnés, ou par un négociant, qui prend son bénéfice.

Poste aérienne. Cela n'a plus rien à voir avec le mode d'acheminement du courrier, cette mention figure sur des timbres à forte valeur faciale, avec un sujet ayant un rapport avec l'aviation.

Carnets auto-adhésifs. Ils sont d'un usage très commode, avec en général 12 timbres à validité permanente, auto-adhésifs.

12 carnets ont été émis en 2015, au coût unitaire de 8,16 euros (lettre verte) ou 9,12 euros (prioritaire). Cela représente 140 timbres.

Le premier carnet a été émis en 1996, sont coût correspondant à la valeur faciale était de 20 francs.

Les autres carnets sont souvent à surtaxe (Croix-rouge, journée du timbre, personnalités). Il y en a 1 à 3 chaque année.

Blocs, feuillets et timbres de feuillets. De plus en plus de timbres sont vendus en feuillets, soit avec 5 ou 10 fois le même timbre (zodiaque chinois), ou plusieurs timbres différents.

Préoblitérés : ils sont destinés à affranchir les courriers en nombre et sont vendus par grandes quantités. Depuis 2011, ils sont à validité permanente. Le type ne change pas, mais le prix évolue.

Timbres de service : pour affranchir le courrier de l'UNESCO (Paris) et celui du Conseil de l'Europe (Strasbourg).

Timbres-taxe. Il étaient apposés sur le courrier insuffisamment affranchi et représentaient la somme due par le destinataire. Ils ne sont plus utilisés depuis 1988 (émission de 1983).

Je n'ai pas tenu compte des émissions suivantes :

Blocs souvenirs : A partir de 2003, un ou plusieurs timbres sont reproduits sur un feuillet inséré dans une carte sur le même thème, le tout sous blister.

Un tel bloc est vendu 3 € pour un timbre à valeur faciale de 0,50 €. 10 blocs ont été émis en 2010.

Trésors de la philatélie : Ces blocs reproduisent, avec des essais de couleurs, des timbres français célèbres. 10 blocs ont été émis en 2015, à 15 000 exemplaires, avec une valeur faciale de 9 euros.

Entiers postaux et aérogrammes.

Timbres personnalisés.

De 1849 à 1899, 106 timbres d'usage courant sont émis, plus quelques variétés.

A compter de 1900, l'administration des postes met en circulation de nouveaux types de timbre (Blanc, Mouchon, Merson), puis à partir de 1906, les « Semeuse ».

Les émissions correspondent aux seuls besoin de l'acheminement du courrier.

1900-1904 : 35 timbres pour 15,47 francs (soit 60,19 € 2015) si on se réfère aux indices officiels des prix.

Cette référence doit être complétée par une analyse du niveau de vie de l'époque : un kg de pain coûte 20 centimes (4 sous), un ouvrier gagne de 50 à 85 francs par mois1.

1905-1909 : 17 timbres pour 3,46 francs. Envoyer une carte postale coûte 5 centimes.

Les prix ne bougent pas pendant plusieurs décennies (zéro inflation) et augmentent à cause de la guerre (+ 100 % entre 1915 et 1916). Les tarifs postaux suivent et de nouveaux timbres sont émis.

A partir de 1917, la poste émet des timbres de bienfaisance avec une forte surtaxe au profit des Orphelins de la guerre.

Les valeurs faciales vont de 2 c à 5 francs, l'acheteur pair un surtaxe de 3 c à 5 francs, ce qui double le prix d'achat du timbre.

De nombreuses séries avec de fortes surtaxes seront émises les années suivantes, et surtout pendant l'occupation. On peut assimiler ces surtaxes à un impôt volontaire sur les philatélistes.

Le nombre d'émissions augmente après 1920.

Les premiers timbres commémoratifs sont émis en 1924 (Jeux olympiques de Paris).

Malgré cette nouvelle politique d'émission, il n'y a en 1928, année la plus chère de l'entre-deux-guerres, « que » 8 timbres pour 73,65 francs2, soit 47,76 €.

Les conséquences de la seconde guerre mondiale sont les suivantes :

Émission des timbres de « l'État français » à partir de 1940, beaucoup avec de très fortes surtaxes, démonétisation des timbres « Pétain » à la libération du territoire et émission de nouvelles séries.

2 Dont 20 F pour les premiers « poste aérienne » et 40 francs de timbres-taxe.

Timbre de la série courante "Pétain" et timbres des séries émises à la Libération.

Timbre de la série courante "Pétain" et timbres des séries émises à la Libération.

L'année 1960 est celle de la réforme monétaire (le nouveau franc), ce qui explique le nombre plus élevé d'émissions.

Nous avons ensuite jusqu'à 1995 l'émission d'un cinquantaine de timbres, pour un coût moyen annuel d'environ 50 euros (valeur 2015).

C'est ensuite l'escalade : plus de 250 timbres pour plus de 200 euros en 2015.

Alors, beaucoup de collectionneurs « ne peuvent plus suivre » et abandonnent, ou se tournent vers des collections moins onéreuses, avec souvent des timbres mieux choisis, plus beaux.

Quant à savoir si collectionner les timbres est un « bon placement », j'y reviendrai.

Évolution 1900-2014

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1995-2015 : l'emballement

1995-2015 : l'emballement

Tag(s) : #Collections, #Philatélie